Après une soixantaine de ventes, des centaines de flyers en distrib puis bêtement jetés, du crayon usé, des tempes martelées par la gomme, des choix littéraires parfois ratés, des fautes d'orthographe comme de serrage; la vis est quasiment serrée à bloc.
Le deuxième tome de la trilogie de fantastique alternatif Mécaille, toujours sans titre définitif, est dans son avant dernier stade d'écriture. Deux-trois chapitres, de grosses relectures et corrections et la course à l'édition est repartie pour un objectif haut placé : me retrouver dans les bacs, les vrais !
Merci encore à tous ceux qui, comme Lincoln Starhunter , ont acheté le premier tome malgré ses (nombreux) défauts, ainsi qu'aux autres qui faute d'investissement financier en ont au moins parlé.
Pour ne rien fêter, ni l'anniversaire du roman, ni un nombre d'exemplaire édifiant, voici en exclusivité le premier extraits d'une suite haut de gamme; grande tour littéraire à côté de son grand frère, cabane de premier tome.
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- Je n'aime pas la poitrine de nerd au rosé, un point c'est tout ! C'est trop riche...
- Que désire donc madame en remplacement ? se pencha le majordome tout de rose vétu.
- Je veux du Salimon aux Astéracées magiques, alors dépéchez-vous !
- Mais madame, il n'y a plus qu'une centaine de plants de ces fleurs.
- Tout de suite !! hurla la gente dame.
Le majordome se résigna. Il ne pouvait pas désobéïr à un ordre direct même si cela allait à l'encontre de ses convictions personnelles. De toute façon il était habitué, une bonne partie des ordres de la Blazée étaient mesquins et ne lui étaient donnés qu'à des fins égoïstes. Quelle pute...
"J'ai déjà la chance de ne pas être né rouge." se disait Classik dans ces moments là.
C'est sur ce critère (ainsi que sur le fait que sa famille ne causait pas de problèmes aux technocrates) qu'il avait été choisi comme majordome et chauffeur de la Blazée Seiko.
Sa dernière course, faite pour les généraux, était d'ailleurs très étrange. Mais bon, pas le temps d'y penser : il avait un Salimon à faire préparer.
Classik se dirigea vers les cuisines. Les couloirs l'entourant étaient d'un violet imposé par Blazée et remémorait le rouge que détestait le Blaze. Même si les vapeurs ou l'huile de la cuisine tâchaient ces beaux murs de luxe, c'était de la faute des domestiques et ils devaient les laver...
- Un Salimon aux Astéracées magiques pour la Blazée, et vite avant qu'on ne soit transformés en charpierre ! ordonna-t-il en arrivant en cuisine.
Si l'on pouvait appeller cela une cuisine : 6 fours Amplifis (r) se tenaient de chaque côté d'un gros bar autour duquel s'affairait une dizaine de Cuiziniers dignes d'un grand resto parisien. Alors qu'ils coupaient en rythme des lamelles de Salimon, Classik partit en direction d'une gigantesque salle froide.
Cette dernière était remplie d'une cinquantaine de pièces de viande et contenait aussi dix Astéracées des plus belles et plus nutritives. Ces fleurs étaient tellement rares et bonnes qu'elles étaient conservées dans de gros globes de verre qui s'ouvraient à l'aide d'un code.
Classik le composa : 140693 et, ses gants protecteurs toujours aux mains, en prit deux avec beaucoup d'attention pour les déposer sur son plateau.
Alors qu'il marchait très lentement pour ne surtout pas faire tomber les Astéracées, Classik repéra un globe qu'il n'avait jamais vu dans la chambre. Là, à moitié caché derrière des cubes de sève et posé sans vergogne de manière à se fondre dans le décor nutritif de la chambre, son secret semblait énorme. Il contenait juste deux objets : un petit disque doré et une fiole au liquide bleu ciel.
"Et pourquoi pas ?" se dit le majordome.
Il posa avec grand soin son plateau sur une table et s'approcha du globe.
"De toute façon, il n'y a aucun danger." se rassura-t-il.
Il composa alors : 140693...
A peine avait-il tapé le dernier chiffre de son code que le globe se mit à brailler d'une voix perçante :
"Seiko naisseurs ! Seiko naisseurs ! Seiko naisseurs ! Seiko naisseurs !"
"Putain, j'aurais dû suivre mon propre dicton : qui tente mal, a mal !" se blâma-t-il, tapant le globe de partout afin de l'arrête dans sa séance de cris.
Mais avant qu'il ne puisse tenter quoi que ce soit d'autre, Seiko déboula. Sans lui laisser le temps de s'expliquer, elle brandit sa baguette envers ce dernier et clama d'une voix claire :
"Trufurts !"
Le majordome ressentit une nouvelle corde vocale lui pousser dans la gorge. La Blazée, si belle dans sa robe rose transparente, lui demanda :
- As tu touché ce globe sous l'ordre de quelqu'un ?
Ayant à peine entendu sa question sous le cri continuel du globe, il fut plus qu'étonné quand, malgré lui, sa bouche s'ouvrit et dit :
- Non, c'est par simple curiosité que j'ai tenté d'ouvrir ce globe.
- Hum...
Ses yeux violets si envoutants le scrutaient encore à la manière d'une dame de joie quand un nouveau serviteur entra dans la chambre.
- Madame la Blazée, le Blaze vient d'appeller, il désire votre présence des plus rapides à l' Al'Cane Irrégulière.
Seiko se retourna d'un coup vers le nouveau venu. Après un très court silence, elle répondit simplement :
- J'arrive.
Sa chevelure blonde refit un tour et elle observa Classik avec mépris, mais pour une fois on pouvait distinguer autre chose sur son visage, et ce pour la 1ère fois : de la frayeur...
- Préparez moi ma suite de sortie et vite ! ordonna-t-elle au nouveau venu.
Elle se réadressa ensuite à Classik :
- Et toi, je veux que mon Salimon soit prêt à mon retour ! Nous réglerons ce problème dans le même temps, finit-elle en désignant le globe interdit.
Classik baissa la tête tandis que la Blazée partait. Apparemment cette fiole était plus qu'intriguante et dangereuse, ou au moins autant que l'était Seiko et sa beauté...
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[Mécaille - Tome 2 : ??? /// Chapitre 5 : Traite-là de pute...]
Jey Are, l'auteur